Apprendre à perdre, oui, du moment que c’est pas moi :)

Shiva
Créatrice de Parent Epuisé
à la tête d’une famille recomposée

Je me suis toujours dit, avant de devenir maman, que moi, mes enfants, ils sauraient perdre et que je ne serai pas tout le temps en train de les laisser gagner. Histoire de les préparer au monde réel mais aussi de changer la vision de l’échec, qui, pour moi, ne devrait même pas exister puisqu’échouer, c’est avoir essayé, ce qui est plus que courageux en soi.
Que des belles paroles !
Je peux vous dire que ce week-end, quand nous avons joué au Président, plus communément appelé « Trou du Q », et que mon pauvre cadet n’arrivait pas à remonter l’échelle sociale et restait au niveau pestilentiel, (ce que son frère ne manquait pas de souligner « berk, tu pues, trouduc, trouduc, trouduc ») il s’est mis a pleurer, je me suis fâchée en disant que c’était nul de réagir comme ça, qu’après tout ce n’était qu’un jeu et que si c’était comme JE NE JOUERAI PLUS JAMAIS AVEC EUX A RIEN.
Puis on a fait une autre partie, et là, c’est moi qui me suis retrouvée trou. Pas une fois, pas 2. Pas 3. Je vous jure, j’ai commencé à trouver le jeu nul. Méga nul. Quand on est toujours le plus nul, c’est mauvais pour l’estime. Et encore, moi je savais que j’allais remonter, mais l’autre jour au bowling, quand j’ai tiré 10 fois et que je me suis à chaque fois tapée la gouttière alors que les autres alignaient les strikes, ça m’a échappé: « qu’est-ce qu’on s’emmerde dans ce jeu. J’aime pas. » parce que j’en avais marre d’avoir cette place peu valorisante.
ET bim. On ne grandit jamais. Bref, du coup j’ai cherché à répondre à la question: entre leur apprendre à perdre et ne pas briser leur estime d’eux-même, quelle posture doit on choisir ???? Ce qui est sûr, c’est qu’il faut se mettre à leur place quand même….

LA VIE LA VRAIE

ZOOM SUR

La gestion des défaites

Au fil de mes recherches sur le sujet, je suis tombée sur une étude menée en Virginie sur les 4-5 ans. Je vous passe les détails, en gros, on nous raconte que trop de victoires non méritées desservent l’enfant (ça me rassure mouhahaha !). Tout simplement parce que perdre aide l’enfant à grandir ! Passée l’éventuelle crise causée par sa défaite, l’enfant va cogiter pour trouver une solution par lui-même, pour développer une stratégie. Toujours selon l’étude, perdre a plusieurs avantages. Ça permet de prendre moins personnellement une défaite quand on y a déjà eu affaire, d’améliorer sa concentration ou encore de développer une meilleure tolérance à la frustration. Ce que j’ai eu plus de mal à trouver dans mes recherches, c’est la « limite » pour éviter de complètement lui plomber le moral. Eh bien de la même manière que je me suis sentie nulle au bowling à force de perdre, je me suis dis qu’encore une fois, il faut s’écouter, nous parents. Montrer qu’une victoire se mérite, c’est bien mais quand on sent que ça n’est plus du tout constructif, il faut laisser tomber momentanément. Mieux vaut lui montrer ce qu’il a réussi à faire malgré sa défaite plutôt que le braquer. Et puis s’il perd vraiment tout le temps à un moment ne cherchez plus : changez de jeu !

LES OUTILS

Zéro pression

Le jeu anti-disputes sans gagnant ni perdant

Quand la tension monte parce que le petit a mis la pâtée à l’aîné, trois fois d’affilée, c’est le moment de dégainer un jeu de coopération ! Pas de perdant, pas de gagnant, ici le but est de s’entraider : chacun est important pour que le groupe puisse jouer = un moment de répit mérité pour tous les parents ! Je vous laisse fouiller sur ce site pour trouver le modèle qui plaira à toute la famille !

Je lui dis quoi pour le rassurer quand il perd ?

C’est une chose de savoir, nous parents, que perdre est bon pour nos enfants. S’en est une autre de leur faire comprendre que c’est pas si grave d’être dernier au « trou duc » et qu’il faut en rigoler. Si, en cas de crise, vous vous sentez à court d’argument, voici une petite liste pour les convaincre que c’est bon pour eux ! A leur souffler quand vous êtes seul(e) avec le perdant (inutile que le gagnant fanfaronne juste à côté…).